Créer des vidéos TimeSlices avec Premiere Pro en 5 min !

On connais bien les « timeslices », ces photos qui montrent plusieurs calques d’un timelapse jour-nuit ou nuit-jour en une seule image.

Los Angeles From Day to Night (Slices of Time)

Et si on changeait cette photo en une vidéo ?

Après des mois à en faire sur After Effects, ce qui me prenait énormément de temps avec les masques, je me suis dit qu’il devait y avoir un moyen plus simple de créer un timeslice en vidéo.

Et je me suis souvenu que Premiere Pro propose l’outil « Rogner » qui permet de rogner les clips de n’importe quel côté. Donc en créant plusieurs calques sur le logiciel, il serait possible de créer un timeslice en quelques minutes !

J’ai essayé et voici le premier résultat que j’ai obtenu.

Ayant pas mal de retours positifs, j’ai continué à en créer avec de meilleurs timelapses Holy Grail qui contiennent plus de couleurs.

DTLA

San-Diego-TS

San-Francisco

L’effet créé est vraiment intéressant. Il suffit de choisir un intervalle entre chaque calque qui permet de montrer un maximum de la transition jour-nuit sur une image. En général, pour un timelapse de 30 secondes, un intervalle de 25 images à 1 ou 1 seconde et demi donne de beaux résultats.

Regardez le tutoriel ci-dessous pour apprendre :

Créer des LUTs (Look-Up Table) avec Lightroom.

En général, lorsque je réalise des timelapses, j’ai l’habitude d’y appliquer un traitement quasi définitif. Cependant, ça me complique la tâche à l’étalonnage si je fais un montage de plusieurs clips avec des vidéos issues de différentes prises de vue. J’ai trouvé depuis peu une manière de procéder qui me fait gagner du temps. Je garde mes timelapses assez neutres et  je traite tout mon montage, dans Premiere, avec une LUT créée directement depuis Lightroom. Comme ça je n’ai plus qu’à réajuster quelques détails entre chaque clip pour avoir un bon étalonnage.

Utilisant Lightroom depuis plusieurs années, j’ai accumulé pas mal de presets que je crée lors de mes développements et je les réutilise souvent pour les suivants afin de gagner du temps. Cela me sert de base que je peux peaufiner en fonction du résultat souhaité. Maintenant, je peux faire la même chose avec mes montages vidéo dans Premiere et je vais vous expliquer comment y parvenir.

Tout d’abord il faut télécharger le logiciel IWLTBAP qui est gratuit, mais payant si vous souhaitez supporter les développeurs.

screenSite

Entrez votre email pour accéder au lien de téléchargement.

Ensuite on ouvre Lightroom et on va dans le module de développement. On va réaliser notre développement quasi final sur la première image de notre timelapse, avant même de passer par LRTimelapse pour développer toute notre séquence. Il faut par contre bien faire attention à ne pas utiliser tous les curseurs car ils ne sont pas tous compatibles avec les LUTs. Je vais vous montrer par étape comment procéder.

réglagesdebase

Voici le panneau « Réglages de base ».

Dans le panneau « Réglages de base » on peut modifier la Balance des blancs, l’exposition, le contraste, les hautes et basses lumières, les blancs, les noirs, la vibrance et la saturation, mais surtout pas la clarté, il faut la laisser à zéro.

courbes

On peut modifier la courbe des tonalités.

TSL

Également le panneau TSL.

virage

Puis celui du virage partiel.

Ensuite il faut décocher les panneaux « Détail », « Corrections de l’objectif », « Transformation » et « Effet ».

détail

effet

transformation

correction

Voilà, à présent nous avons un preset qui est compatible avec une LUT, nous allons tout d’abord le sauvegarder afin de gagner du temps pour les prochaines à réaliser.

preset

Pour sauvegarder un preset, allez dans « Développement » et « Nouveau paramètre prédéfini ».

Maintenant nous allons convertir notre preset Lightroom en une LUT qui sera compatible sur tous les logiciels de montage vidéo acceptant le format « .cube « .

Pour ça on ouvre le logiciel précédemment téléchargé IWLTBAP LUT Generator. Cliquez sur le point d’interrogation en haut à droite et choisissez « 3D LUT 64 ».

LUT64

Cliquez sur le point d’interrogation et la fenêtre des préférences s’ouvre.

Ensuite vous devez générer une image, en cliquant sur « Generate a HALD », c’est une image au format .png sur laquelle on va appliquer notre preset.

hald

Cliquez sur ce bouton, sauvegardez cette image et importez la dans Lightroom.

presetLUT

Appliquez le preset précédemment créé sur cette image.

Une fois le preset appliqué, vous pouvez exporter cette image en .jpeg sRVB et sans redimensionnement, ni ajout de netteté.

exportLUT

Exportez l’image en JPEG sRVB.

Maintenant nous pouvons convertir cette image .JPEG au format .CUBE, retournez dans IWLTBAP LUT Generator, cliquez sur « Convert to CUBE » et choisissez l’image.

cube

Cliquez sur le bouton et choisissez votre JPEG, il le convertit automatiquement en .CUBE.

Voilà, nous avons notre LUT au format .CUBE qui est créé et nous pouvons l’importer dans la majorité des logiciels de montage vidéo. Voici un exemple avec Adobe Premiere :

Ouvrez Premiere avec votre séquence ou votre montage et créez un nouveau calque d’effets dans l’onglet projet.

PremiereCalque

Cliquez sur l’onglet Projet à gauche, puis sur l’icône « Nouvel élément » en bas à droite et choisissez « Calque d’effets ».

Glissez ensuite ce calque au-dessus de votre montage et ajoutez-y l’effet « Couleur Lumetri ».

PremiereLumetri

Cliquez sur l’onglet « Effet » en haut, cherchez l’effet « Couleur Lumetri » et glissez-le sur le calque d’effets.

Dans « Couleur Lumetri », ouvrez l’onglet « Créatif » et sélectionnez « Look » et ensuite « Parcourir », puis allez chercher votre LUT => fichier « .CUBE ».

PremiereLook

Cliquez sur le menu déroulant dans « Look » et sélectionnez « Parcourir ».

PremiereLook2

On peut également régler l’intensité de notre LUT.

Voilà, à présent notre LUT peut être appliquée sur tout le montage, on peut même ajuster son intensité et régler encore d’autres paramètres si nécessaire.

Et si vous voulez gagner un peu de temps, vous pouvez placer vos LUTs dans le dossier Adobe adéquat :

Pour Windows : \Program Files\Adobe\Common\LUTs\Creative

Pour Mac : /Library/Application Support/Adobe/Common/LUTs/Creative

La Recette D’un Timelapse Parfait

Depuis quelques années maintenant, je fais des tutoriels gratuits sur Youtube pour apprendre le timelapse. J’essaye au mieux de transmettre les connaissances que j’ai dans ce domaine, que ce soit pour de simples timelapses de jour ou des plus difficiles du jour à la nuit (Holy Grail), pour que les spectateurs puissent aussi reproduire ce genre de contenu.

Faire un timelapse parfait n’est pas facile du tout. Il ne s’agit pas que de poser la caméra et de tourner. Il y a beaucoup d’autres conditions et techniques à connaitre pour faire un timelapse parfait.

Pour moi le timelapse parfait consiste à suivre une recette spécifique qui réunit plusieurs ingrédients, certains que l’on peut contrôler, et d’autres non.

1. Le temps

Quand je parle du temps, je parle bien sûr de la météo. La météo joue un rôle primordial dans un bon timelapse. Trop de nuages, et ce n’est pas beau, pas assez et le rendu ne sera pas super non plus. Les nuages sont sûrement le sujet parfait pour des timelapses. Ils rendent n’importent quelle scène épique et beaucoup plus jolie. Mélangez ça avec une belle lumière et vous avez un timelapse parfait !

Voici un exemple de timelapses tournés pendant des jour nuageux sur Los Angeles, avec une superbe lumière.

      2. L’intervalle

Deuxième ingrédient de notre recette, l’intervalle est plus qu’important dans la réalisation du timelapse parfait. Si vous avez un mauvais intervalle, votre timelapse sera saccadé et pas très esthétique. Il n’y a rien de pire que de voir un véhicule passer une seule fois dans l’image à cause d’un intervalle trop long. Au contraire, avec un intervalle plus court, le véhicule sera visible plusieurs fois sur le timelapse, ce qui donne un rendu beaucoup plus naturel.

Bien évidemment, vous choisissez l’intervalle suivant vos préférences, mais n’oubliez pas qu’il faut qu’il soit adapté au sujet traité.

Voici quelques exemples d’intervalles que j’utilise lors de mes timelapses.

1. Voitures/Ville : 1 seconde

2. Nuages : 2 ou 3 secondes suivant la rapidité (parfois même 1 seconde)

3. Jour-nuit Holy Grail : 3 secondes

4. Astro-Timelapse: 27-32 secondes

Si vous prenez en compte la vitesse d’obturation, ces intervalles sont bien évidemment plus courts. En fin de jour-nuit, l’intervalle devient 1 voire 0,5 seconde comme je monte à une vitesse de 2 ou 2,5 secondes. En astrophotographie, l’intervalle est de 2 ou 3 secondes comme j’utilise une vitesse de 25 ou 30 secondes. Dans tous les cas, j’utilise l’intervalle le plus rapide possible tout en donnant un peu de temps à mon appareil de traiter et enregistrer l’image, c’est pour ça qu’une carte rapide (comme 95mb/s class 10) est recommandée.

Sur la gauche, un exemple d’un timelapse du jour avec un intervalle d’1 seconde. Sur la droite, un exemple d’un jour-nuit Holy Grail avec le plus court intervalle possible avec mon appareil, 3 secondes.

Pendant les timelapses Holy Grail un intervalle plus court est recommandé car cela signifie plus de photos entre chaque changement. Plus de photos veut dire moins de flickering car LRTimelapse aura plus de photos pour faire les transitions de chaque paramètres changés.

      3. Le cadrage

Cela peut paraitre ridicule, mais le cadrage reste très important dans la réalisation d’un bon timelapse. Et après avoir vu beaucoup de timelapses en ligne, je peux dire qu’un grand nombre de personnes ne comprennent pas très bien cela.

Une belle photo ne veut pas dire un beau timelapse, et un beau timelapse ne fera pas forcément un beau cliché.

Dans un timelapse, on cherche à montrer le temps qui passe. Il faut donc un sujet qui soit en mouvement du début jusqu’à la fin. Une photo au contraire a pour but de capturer un instant donné dans le temps.

Votre cadrage est important pour que votre timelapse soit agréable à regarder. Pensez que des plantes ou de la végétation au premier plan n’est jamais très esthétique.

Vous pouvez utiliser la règle des tiers qui consiste à découper votre image avec 4 lignes, deux horizontales et deux verticales (situées aux tiers de votre image) et de mettre un sujet intéressant là où les lignes se croisent (sur les points de force).

Voici un exemple de la règle des tiers que j’ai appliquée sur mon Los Angeles Sunrise Timelapse

Bien évidemment la règle des tiers est loin d’être la solution miracle pour chaque timelapse. Pensez qu’il n’y a pas de règle absolue pour un bon cadrage, soyez artistique, c’est tout ce qui compte.

      4. Les paramètres

ISO, Vitesse et Diaphragme sont importants dans la réalisation du timelapse parfait. Trop d’ISO et vous aurez trop de grain sur votre image, une vitesse trop lente et vous aurez des trainées de lumières (sauf si c’est un choix) et enfin un f/stop trop bas et votre profondeur de champs sera réduite.

Pour les ISO, cela varie d’une caméra à l’autre. Je sais qu’avec mon Canon 6D je n’irai jamais au-dessus de 500, sauf si nécessaire. Il m’est arrivé à New York de devoir monter jusqu’à ISO 1000 pour avoir une vitesse de 0,5 seconde en pleine nuit. Je devais avoir une vitesse la plus rapide possible car je me trouvais sur le Manhattan Bridge et chaque fois qu’un métro passait, il faisait tout vibrer, ce qui floutait mes photos.

Mais ce genre de cas reste assez rare. Le plus souvent, je monte à 1.5 seconde et intervalle de 2 secondes en pleine nuit.

Je vous conseille de descendre le plus bas possible dans les ISO pour avoir une image plus nette. Utilisez toujours une ouverture comprises entre f7.1 et f13, pas plus, pas moins. Avec cette échelle, toute votre image sera bien nette et laissera entrer assez de luminosité !

Quant à la vitesse, c’est en fonction de vos préférences.

Pour avoir un timelapse parfait, retenez qu’il faut toujours utiliser les ISO le plus bas possible, une ouverture moyenne pour ne pas avoir une profondeur de champs trop petite et enfin la vitesse d’obturation suivant vos goûts et préférences.

      5. La retouche

Haa la retouche, mon étape préférée des timelapses. C’est là qu’on se rend compte à quel point faire des photos en timelapse est juste 10 000 fois mieux que des vidéos.

La retouche est d’après moi l’étape la plus importante (et la plus cool). C’est là que vous donnez vie à votre timelapse.

Vous avez fini votre tournage, il n’y a plus rien que vous puissiez faire à part le rendre plus beau. Vous allez donc jouer avec les couleurs, les contrastes, les effets et la balance des blancs pour la rendre toute jolie-jolie.

C’est bien tout ça, mais attention !

Trop de corrections de couleurs et votre timelapse aura juste l’air faux. J’ai vu beaucoup de timelapse vidéo où les corrections de couleurs étaient justes beaucoup trop forte. Il y avait trop de contraste, trop de vibrance ou de saturation et ça me donnait juste envie de partir en courant.

Il faut savoir bien évidemment embellir votre timelapse sans en faire too much !

      6. Le flickering

Rien de pire que d’avoir un superbe timelapse, un bon cadrage, une belle météo, un intervalle parfait et de belles couleurs puis … du bon gros flickering. Du flickering c’est quoi ? Pour mieux comprendre le flickering, regardez cette vidéo que j’ai tournée il y a quelques mois qui explique ce que c’est :

Prenez le temps qu’il faut pour enlever le flickering, c’est vraiment vraiment vraiment vraiment vraiment très important. Le flickering d’après moi détruit les timelapse, c’est pour ça que je peux passer des heures pour le supprimer d’une manière ou d’une autre.

J’utilise deux outils pour ça :

– Le Deflicker de LRTimelapse marche 99% du temps. J’explique dans le Timelapse Master Class (bientôt disponible en français) comment utiliser la fonction deflicker de LRTimelapse à 100% afin de supprimer le flickering suivant les différentes conditions.

– GBDeflicker sur After Effects marche aussi très bien et fonctionne sur le même principe que celui de LRTimelapse. Il coûte néanmoins dans les $250 si je ne me trompe pas, ce qui fait qu’au final celui de LRTimelapse est moins cher car compris dans le logiciel.

Si vous avez trop de flickering pendant votre timelapse, essayez de réduire certaines retouches comme la clarté ou les contrastes. Parfois ces paramètres peuvent créer du flickering si vous en mettez trop !

      7. Les détails

Last but not least, les détails. Qu’est-ce que j’entends par là ?

Tout.

Chaque détail sur votre timelapse est très important à la réalisation du timelapse parfait. Les plus gros sont la stabilisation et la suppression « d’objets » indésirables.

Il y a plusieurs façons de stabiliser un timelapse. Vous pouvez par exemple utiliser After Effects ou Premiere Pro avec le Warp Stabilizer ou l’outil Tracking. Voici un petit tutoriel de comment l’utiliser.

Parfois, vous pouvez vous retrouver avec des taches sur votre capteur. Voici comment les supprimer si jamais elles sont difficiles à enlever.

Et enfin, supprimez des objets qui passent devant votre timelapse et qui ne sont pas très propres. Parfois, c’est le cas de touristes, d’hélicoptères ou d’oiseaux qui passent très rapidement et donc sont visibles que sur une seule image, ce qui n’est pas très esthétique. Voici comment supprimer un de ces « objets » pour rendre votre timelapse plus juste et plus attractif visuellement parlant !

      Conclusion

Si vous réunissez tous ces ingrédients, il n’y a aucune raison que votre timelapse soit un échec. Il sera agréable à regarder, original et bien travaillé et c’est comme cela que vous allez vous faire remarquer (et vendre plus si vous souhaitez vous faire un peu d’argent avec).

Il n’y a néanmoins aucune règle officielle et le seul gros conseil que je peux vous donner est vraiment de vous concentrer sur les détails et de faire ce qui vous plait ! Il n’y a aucune limite à être créatif !

Auteur : Emeric