Créer des vidéos TimeSlices avec Premiere Pro en 5 min !

On connais bien les « timeslices », ces photos qui montrent plusieurs calques d’un timelapse jour-nuit ou nuit-jour en une seule image.

Los Angeles From Day to Night (Slices of Time)

Et si on changeait cette photo en une vidéo ?

Après des mois à en faire sur After Effects, ce qui me prenait énormément de temps avec les masques, je me suis dit qu’il devait y avoir un moyen plus simple de créer un timeslice en vidéo.

Et je me suis souvenu que Premiere Pro propose l’outil « Rogner » qui permet de rogner les clips de n’importe quel côté. Donc en créant plusieurs calques sur le logiciel, il serait possible de créer un timeslice en quelques minutes !

J’ai essayé et voici le premier résultat que j’ai obtenu.

Ayant pas mal de retours positifs, j’ai continué à en créer avec de meilleurs timelapses Holy Grail qui contiennent plus de couleurs.

DTLA

San-Diego-TS

San-Francisco

L’effet créé est vraiment intéressant. Il suffit de choisir un intervalle entre chaque calque qui permet de montrer un maximum de la transition jour-nuit sur une image. En général, pour un timelapse de 30 secondes, un intervalle de 25 images à 1 ou 1 seconde et demi donne de beaux résultats.

Regardez le tutoriel ci-dessous pour apprendre :

Créer des LUTs (Look-Up Table) avec Lightroom.

En général, lorsque je réalise des timelapses, j’ai l’habitude d’y appliquer un traitement quasi définitif. Cependant, ça me complique la tâche à l’étalonnage si je fais un montage de plusieurs clips avec des vidéos issues de différentes prises de vue. J’ai trouvé depuis peu une manière de procéder qui me fait gagner du temps. Je garde mes timelapses assez neutres et  je traite tout mon montage, dans Premiere, avec une LUT créée directement depuis Lightroom. Comme ça je n’ai plus qu’à réajuster quelques détails entre chaque clip pour avoir un bon étalonnage.

Utilisant Lightroom depuis plusieurs années, j’ai accumulé pas mal de presets que je crée lors de mes développements et je les réutilise souvent pour les suivants afin de gagner du temps. Cela me sert de base que je peux peaufiner en fonction du résultat souhaité. Maintenant, je peux faire la même chose avec mes montages vidéo dans Premiere et je vais vous expliquer comment y parvenir.

Tout d’abord il faut télécharger le logiciel IWLTBAP qui est gratuit, mais payant si vous souhaitez supporter les développeurs.

screenSite

Entrez votre email pour accéder au lien de téléchargement.

Ensuite on ouvre Lightroom et on va dans le module de développement. On va réaliser notre développement quasi final sur la première image de notre timelapse, avant même de passer par LRTimelapse pour développer toute notre séquence. Il faut par contre bien faire attention à ne pas utiliser tous les curseurs car ils ne sont pas tous compatibles avec les LUTs. Je vais vous montrer par étape comment procéder.

réglagesdebase

Voici le panneau « Réglages de base ».

Dans le panneau « Réglages de base » on peut modifier la Balance des blancs, l’exposition, le contraste, les hautes et basses lumières, les blancs, les noirs, la vibrance et la saturation, mais surtout pas la clarté, il faut la laisser à zéro.

courbes

On peut modifier la courbe des tonalités.

TSL

Également le panneau TSL.

virage

Puis celui du virage partiel.

Ensuite il faut décocher les panneaux « Détail », « Corrections de l’objectif », « Transformation » et « Effet ».

détail

effet

transformation

correction

Voilà, à présent nous avons un preset qui est compatible avec une LUT, nous allons tout d’abord le sauvegarder afin de gagner du temps pour les prochaines à réaliser.

preset

Pour sauvegarder un preset, allez dans « Développement » et « Nouveau paramètre prédéfini ».

Maintenant nous allons convertir notre preset Lightroom en une LUT qui sera compatible sur tous les logiciels de montage vidéo acceptant le format « .cube « .

Pour ça on ouvre le logiciel précédemment téléchargé IWLTBAP LUT Generator. Cliquez sur le point d’interrogation en haut à droite et choisissez « 3D LUT 64 ».

LUT64

Cliquez sur le point d’interrogation et la fenêtre des préférences s’ouvre.

Ensuite vous devez générer une image, en cliquant sur « Generate a HALD », c’est une image au format .png sur laquelle on va appliquer notre preset.

hald

Cliquez sur ce bouton, sauvegardez cette image et importez la dans Lightroom.

presetLUT

Appliquez le preset précédemment créé sur cette image.

Une fois le preset appliqué, vous pouvez exporter cette image en .jpeg sRVB et sans redimensionnement, ni ajout de netteté.

exportLUT

Exportez l’image en JPEG sRVB.

Maintenant nous pouvons convertir cette image .JPEG au format .CUBE, retournez dans IWLTBAP LUT Generator, cliquez sur « Convert to CUBE » et choisissez l’image.

cube

Cliquez sur le bouton et choisissez votre JPEG, il le convertit automatiquement en .CUBE.

Voilà, nous avons notre LUT au format .CUBE qui est créé et nous pouvons l’importer dans la majorité des logiciels de montage vidéo. Voici un exemple avec Adobe Premiere :

Ouvrez Premiere avec votre séquence ou votre montage et créez un nouveau calque d’effets dans l’onglet projet.

PremiereCalque

Cliquez sur l’onglet Projet à gauche, puis sur l’icône « Nouvel élément » en bas à droite et choisissez « Calque d’effets ».

Glissez ensuite ce calque au-dessus de votre montage et ajoutez-y l’effet « Couleur Lumetri ».

PremiereLumetri

Cliquez sur l’onglet « Effet » en haut, cherchez l’effet « Couleur Lumetri » et glissez-le sur le calque d’effets.

Dans « Couleur Lumetri », ouvrez l’onglet « Créatif » et sélectionnez « Look » et ensuite « Parcourir », puis allez chercher votre LUT => fichier « .CUBE ».

PremiereLook

Cliquez sur le menu déroulant dans « Look » et sélectionnez « Parcourir ».

PremiereLook2

On peut également régler l’intensité de notre LUT.

Voilà, à présent notre LUT peut être appliquée sur tout le montage, on peut même ajuster son intensité et régler encore d’autres paramètres si nécessaire.

Et si vous voulez gagner un peu de temps, vous pouvez placer vos LUTs dans le dossier Adobe adéquat :

Pour Windows : \Program Files\Adobe\Common\LUTs\Creative

Pour Mac : /Library/Application Support/Adobe/Common/LUTs/Creative

Vivre des timelapses à plein temps, faire de sa passion un travail

S’il y a une question qui revient très souvent c’est « Comment arrives-tu à vivre des timelapses ? »

Dans cet article, je vais essayer de vous donner quelques conseils et des retours d’expérience pour pouvoir vivre de sa passion, dans ce cas là, la photographie timelapse.

IMG_2353
Tournage d’un timelapse jour/nuit de la skyline de Downtown Los Angeles.

          1 – Détermination

Cela fait maintenant 7 ans que j’ai commencé la photographie timelapse. En 2011 et 2012, quand j’étais encore sur Angers, je réalisais des timelapses pour m’amuser et partager ma belle ville avec le reste d’Internet.

Mais quand je suis arrivé sur Los Angeles, je me suis consacré à mon stage en tant que monteur vidéo pendant quelques mois et ai complètement arrêté les timelapses. Un jour, la compagnie dans laquelle je travaillais, avait besoin de stock footage, des clips vidéos pour illustrer un projet. En faisant quelques recherches sur Internet, je suis tombé sur Videohive. Ce site vend des stock vidéos créés par des artistes du monde entier comme vous et moi.

Un beau jour d’Août 2013, je décide d’aller faire mon premier timelapse de Downtown Los Angeles. Pendant le tournage qui prenait environ 20 min (4 secondes de vitesse et 7 secondes d’intervalle –  et oui je me rappelle), il m’est venu une idée ! Et pourquoi je ne vendrais pas mes timelapses sur Videohive ?

J’ai donc commencé par mettre en ligne mes premiers timelapses et rapidement ont suivi les premières ventes. De voir que les gens achetaient mon travail m’a donné beaucoup de détermination pour continuer à tourner et mettre en ligne les clips que je créais. Tout s’est accéléré très vite, car j’ai ensuite découvert des sites similaires, appelés marketplaces, à Videohive comme Pond5, Shutterstock ou Videoblocks (aujourd’hui Storyblocks) qui offrent la même chose et permettent aux artistes de vivre de leur passion.

En 2015, j’ai décidé de quitter mon travail de monteur vidéo en freelance, et de me consacrer aux timelapses à plein temps. J’ai donc commencé à en tourner plus, à developper ma chaine Youtube qui m’a permis de me faire connaitre et par la suite de créer des cours en ligne pour apprendre la technique.

7 ans après avoir commencé dans le milieu, j’ai créé plus de 700 clips à travers tous les États-Unis et la France que je vends sur ces sites là et qui me font vivre chaque mois. Mais avoir 700 clips en ligne sur 6 sites différents ne suffit pas du tout pour vivre des timelapses à plein temps.

Paris vue depuis la Tour Montparnasse.

          2 – Sujet

Une des choses les plus importantes quand vous faites un timelapse ou un hyperlapse est bien évidemment votre sujet. Et bien pour pouvoir vivre à plein temps des timelapses, il faut un sujet précis qui atteint un grand public. Désolé de dire, mais un timelapse de nuages au fond de la campagne dans un pré ne va pas attirer beaucoup de clients sur ces marketplaces.

Les timelapses les plus populaires sur n’importe quel site sont toujours liés à un sujet urbain, généralement les grandes villes, car les clients vont acheter ces clips pour illustrer n’importe quel type d’événement dans la ville concernée. Mes clips les plus populaires viennent de New York et Los Angeles.

FRANCE vs USA : quelle différence ?

Je suis bien conscient que les États-Unis ont également un plus gros marché dans le monde de l’audiovisuel que la France. Le pays est aussi beaucoup plus grand et contient beaucoup plus de cityscapes qui seraient susceptibles de plaire à des clients. Mon portfolio contient les villes de Los Angeles, San Francisco, San Diego, Las Vegas, Miami, New York City et Paris. Ce sont de grandes villes où il se passe beaucoup de choses donc qui attirent forcément un plus grand public et plus de clients comme des filmmakers, créateurs, agents immobilier, boites de marketing ou autres qui auraient besoin d’un clip représentant une de ces villes.

En France, le marché est plus petit et la seule ville ayant beaucoup de potentiel est bien évidemment Paris, car elle a une réputation mondiale. Les autres grandes villes comme Marseille, Bordeaux, Lyon ou Toulouse par exemple n’ont pas énormément de potentiel à l’échelle internationale, ce qui limite le nombre de clients potentiels sur ce genre de plateformes. Mais je vais vous montrer dans la suite de l’article que ces marketplaces ne font pas tout et qu’il est possible de vendre son travail ailleurs.

Voyagez dans toute l’Europe et tourner des timelapses de villes comme Londres, Berlin, Bruxelle, Amsterdam ou encore Rome serait pour moi la meilleure façon d’élargir votre portfolio tout en tournant des timelapses qui intéressent un large public. Un bon moyen de mélanger qualité et quantité avec variété !

          3 – Qualité du contenu

La qualité de votre contenu dépassera toujours tout le reste, ou presque. La qualité de vos timelapses déterminera votre style et comment vous êtes vu dans le milieu. Aucun client ne veut d’un timelapse avec du flickering, des taches sur le capteur ou autres dans leur projet.

Prenez le temps de créer de la qualité et vous êtes déjà à 50% sur la route de vivre des timelapses à plein temps. Pour exemple, un de mes timelapses de New York City m’a pris plus de 3 jours pour faire les corrections de couleurs et toute la post-production. À chaque fois que je faisais des petites corrections, un flicker apparaissait dans les nuages. En faisant plusieurs corrections de couleurs différentes pour le ciel et la ville, puis en mélangeant tout ça, j’ai réussi à créer un clip parfait et très joli qui m’a rapporté plusieurs centaines de dollars en quelques semaines seulement après l’avoir mis en ligne.

Il m’était inconcevable de vendre un clip avec du flickering ou non fini !

Le Jour/Nuit de New York qui m’a pris 3 jours de post-production pour avoir une transition parfaite.

Dans tous les cas, favorisez la qualité à la quantité, mais mélangez les deux pour être plus visible sur les marketplaces, et tout le reste suivra tranquillement.

          4 – Ventes Privées

En plus des marketplaces, il y a ce que j’appelle des ventes privées, des ventes qui se font avec le client par email et Paypal. En général, ces ventes se font grâce à Youtube où le client a vu votre travail et souhaite donc l’utiliser pour un de ces projets.

Bizarrement, j’ai remarqué que la plupart des ventes privées que je fais sont liées à des grosses compagnies comme Google ou LG. Ces deux compagnies sont passées par Youtube et non par les marketplaces. Cela ne veut pas dire qu’elles ne sont pas présentes sur ces autres sites, mais peut-être qu’elles préfèrent passer directement par l’artiste et non par un site de vente.

Email ne veut pas dire vente.

Je reçois beaucoup d’emails de personnes intéressées par mon travail, mais beaucoup ne donnent jamais suite à mes réponses. Soit ils ne comprennent pas que je fasse payer et ne sont pas content que je ne leur donne pas les clips gratuitement, soit ils n’aiment pas les prix que je leur donne. Cela veut-il dire que mes prix sont trop élevés ?

Non.

Mes prix sont en général basés sur ceux du marché. La plupart de mes clips sont généralement plus bas que ceux des marketplaces car je touche 100% (mais paye des impôts dessus), donc je peux me permettre de baisser les prix. Au final je touche plus que les ventes marketplaces. Mais je choisis parfois des prix différents suivant le temps de travail ou la rareté d’un clip par exemple. Dans ce cas là, je fixe les prix moi même suivant ce que je semble être honnête.

De plus, il faut être fier de son travail ! Je pense créé du contenu de qualité et qui n’est pas commun, j’ai une liste de clients assez importante comme Netflix, Google, LG, ou encore Red Bull. Si un client souhaite mon travail, il devra donc payer le prix que je demande, et souvent beaucoup de gens ne comprennent pas cela. Ils ont une mentalité « c’est sur Youtube, ça devrait être gratuit » ou « c’est des vidéos, je ne vais pas payer pour ça ! » Malheureusement cela arrive trop souvent, et le seul moyen de le faire comprendre est d’expliquer calmement :

– « Je travaille à plein temps dans la photographie timelapse et ne peux me permettre de les donner, voici mes prix, si vous avez des questions n’hésitez pas. »

La plupart du temps je n’ai pas de réponse, mais cela arrive que des clients soient complètement d’accord avec ça et la vente se fait.

Parfois, j’aime bien demander le budget si jamais c’est un particulier, un étudiant, ou une petite entreprise. Si la personne en face est agréable et sympa, je suis prêt à faire un effort pour les aider dans leur projet. En échange d’un prix sympatique, je demande souvent de faire apparaitre mon nom sur leur site ou dans les crédits, ce qu’ils ne sont pas obligé de faire autrement.

Depuis début 2017, je vends également tout mon travail sur mon propre site www.emerictimelapse.com. Cela facilite beaucoup les choses, car j’envoie juste le lien de la ville concernée aux clients et ils peuvent télécharger les clips tout seul et payer en ligne via Paypal ou carte bancaire. Tout est sécurisé !

          5 – Réseaux Sociaux

Les réseaux sociaux jouent un rôle très important, c’est le moyen le plus utile pour vous faire connaitre. Pour moi, les deux plus importants sont Youtube et Instagram, suivi de Facebook et enfin Twitter.

Ils permettent de montrer son travail en détail, mais chacun d’une manière différente.

Youtube me permet de poster des tutoriels et mon travail sous la forme de vidéo bien montées.

Instagram me permet de poster mon travail en vidéo ou photo mais seulement par petit bout de quelques secondes, et de filmer des behind-the-scenes grâce aux Stories.

Facebook me permet de poster tout ce que je poste sur Youtube et Instagram, tout en échangeant plus simplement avec les gens.

Twitter me permet de poster mon travail également. Je suis moins fan de ce réseau, mais j’y vois quand même du potentiel donc je n’abandonne pas.

Un de mes derniers tutoriels posté sur Youtube :

          6- Les dérivés

Les clips vidéos timelapse sont une chose, mais il faut parfois penser « outside the box« . Pour réussir à vivre des timelapses à plein temps, ce qui est assez difficile avec juste les clips à la vente, il faut créer un univers autour de cela.

Début 2017, j’ai donc créé mes premiers cours complets que je vends sur mon site www.emerictimelapse.com. Ces cours complets sont en général construits sous une forme bien spécifique et qui couvrent un sujet bien précis divisés en plusieurs vidéos, chacune traitant d’un sujet. Il y a des heures de travail derrière chacun pour couvrir chaque point de la leçon.

Il y a aussi des séquences photos données avec le cours ainsi qu’un support complet. Tout cela explique pourquoi ces cours sont payants et non gratuits sur Youtube. Je fais de temps en temps des tutoriels gratuits pour ma chaine, car je pense que c’est important de garder des connaissances gratuites et accessibles à tous. De plus, Youtube me permet de créer un personnage autour des timelapses, ce que les gens aiment bien et donc sont plus susceptible d’acheter un cours complet par la suite.

« Bouger le trépied entre chaque photo »

La photographie timelapse est une technique bien spécifique, c’est pour cela que j’ai aussi pris le temps d’en apprendre une autre assez similaire, les hyperlapses. La différence entre un timelapse et un hyperlapse est la façon dont ce deuxième est tourné. Un hyperlapse, le trépied est déplacé un petit peu entre chaque photo, alors qu’un timelapse, le trépied reste fixe tout le temps. Cela permet de créer un mouvement sur 50, 100 ou 200 m, voire plus. Cette technique ouvre de nouvelles possibilités et permet d’atteindre de nouveaux clients qui souhaitent des clips du genre.

Pour rester dans le monde des « stock footages »,  je fais également des plans aériens de villes. À deux reprises, faute d’avoir un drone, j’ai loué un hélicoptère, une bonne caméra vidéo et un stabilisateur pour tourner des clips de Los Angeles depuis les airs, que je vends par la suite sur les marketplaces. Les plans aériens étant plus durs à réaliser, sont souvent très populaires, il n’est donc pas difficile de rentrer dans ses frais.

Behind-The-Scenes de mon dernier tour en hélicoptère en Novembre 2017.

Les workshops et rencontres sont également une bonne idée pour rester actif avec les gens qui me suivent. Ils me permettent de les rencontrer et discuter des différentes techniques.

De plus, j’ai décidé d’ouvrir un groupe Facebook et un site (celui-là) consacré au monde du timelapse, pour rendre les gens encore plus curieux et réunir une communauté qui grandit dans le milieu.

         Pour résumer …

Pour résumer, vivre des timelapses à plein temps est possible mais nécessite beaucoup de travail, de voyages et de patience. Après 7 ans dans le milieu et plus de 5 à les vendre, je vois enfin ce qui marche et ce qui ne marche pas.

Mélangez la quantité à la qualité et à la variété pour pouvoir être repéré sur les marketplaces. Voyagez et créez vous un large portfolio.

Choisissez un sujet qui va plaire à un large public, comme des cityscapes ou des lieux connus.

Contactez des gens qui pourraient être intéressés par votre travail et toujours mettre un logo sur vos vidéos Youtube pour protéger votre création.

Développez vos réseaux sociaux comme Youtube et Instagram qui permettent de partager votre travail chaque jour. N’oubliez pas Facebook et Twitter pour réunir du monde autour de votre nom.

Soyez patient et ayez de la détermination. Travailler en freelance n’est pas facile, vous êtes votre propre boss, vous faites vos propres heures. Vous dépensez de l’argent sans même être sûr d’en gagner derrière, mais avec du travail de qualité, un large portofolio et une communauté qui vous suit, cela ne devrait pas trop être un problème.

Travailler à plein temps dans le monde du timelapse peut prendre des années, mais à la fin, si vous avez la passion qui va avec, tout cela vaut le coup et que des bonnes choses peuvent en sortir. Et le point positif dans tout ça, c’est que chaque clip créé peut être vendu pendant des années et des années et des années …

 

Tutoriel pour réaliser un Timelapse en infrarouge

Théorie et matériel

Dans ce tutoriel, je vais vous montrer ma manière de procéder pour réaliser un timelapse en infrarouge et surtout le matériel qu’il est nécessaire d’avoir. Je ne vais pas trop m’éterniser sur la théorie, mais je vais la survoler afin d’aborder quand même quelques bases.

© elementschimiques.fr

Nos yeux captent les ondes de 380 à 780nm environ, c’est ce qu’on appelle le spectre visible. Les capteurs de nos appareils photos par contre sont plus sensibles, mais ils ont un filtre devant qui bloque les proches infrarouge, on appelle ce filtre un IR cut ou hot mirror. En le remplaçant par un autre filtre on pourra capter des rayonnements jusque-là invisibles.

Il y a plusieurs possibilités lors d’un défiltrage, on peut remplacer le hot mirror par un filtre transparent ce qui nous fera un appareil « Full Spectrum » ou bien on peut mettre un filtre qui a une certaine longueur d’onde, par exemple 590, 720 ou encore 850nm. La première option est probablement la meilleure car elle vous permet d’avoir un appareil polyvalent. Il vous suffira d’ajouter vos filtres infrarouges ensuite sur vos objectifs, en fonction du rendu que vous souhaitez et vous pourrez toujours l’utiliser en visible, avec un filtre hot mirror externe, ainsi qu’en astrophotographie pour capter plus de couleurs dans le ciel profond.

Cela reste une opération relativement risquée si on souhaite la réaliser soi-même, mais le site Life Pixel propose des tutos bien pratique pour de nombreux boitiers.

Sinon, il y a des professionnels qui vous proposent de le faire, par exemple :

Maintenant parlons des objectifs car ceux-ci ne sont pas tous compatibles à l’infrarouge. Certains génèrent un hotspot au milieu de l’image ce qui les rend inutilisables. Il y a une liste détaillée sur le site Kolari Vision.

Finalement les filtres. C’est comme pour les filtres ND, il vaut mieux acheter de la qualité afin d’éviter les mauvaises surprises. Les sites cités au-dessus proposent de l’excellente qualité. Ce qui importe donc c’est la longueur d’onde pour le rendu que l’on souhaite :

A 590nm la végétation est particulièrement colorée et le ciel un peu plus contrasté.

A 720nm la végétation devient blanche et le ciel fortement contrasté et légèrement coloré.

Puis au-delà, ici 950nm, l’image devient monochrome avec une végétation très blanche et un ciel noir profond.

Tous ces exemples sont des images développées et traitées.

La prise de vue

A présent que nous avons tout le matériel nécessaire, nous allons voir la prise de vue. On s’installe sur trépied, intervallomètre connecté, on visse notre filtre IR + ND au besoin et on commence à composer. Il est fortement conseillé de travailler en liveview, car on peut déjà avoir une idée du rendu et la mise au point se fait ainsi plus précisément. En effet, nos appareils et les autofocus sont calibrés à environ 500nm, donc il y a un décalage si on fait une mise au point via le viseur optique.

Pour commencer, on doit réaliser une balance des blancs personnalisée pour être au plus proche du résultat souhaité, afin de correctement exposer nos images. Pour ce faire, on réalise une première image sur du feuillage par exemple, puis on va dans le menu de la balance des blancs, on sélectionne « personnalisé », puis l’image que l’on vient de faire. Le boitier génère automatiquement une balance adaptée et ensuite il ne faut pas oublier de la sélectionner. Cette opération est à refaire si l’on change de filtre.

                  

L’exposition est très importante en IR, il ne faut pas exposer à droite comme on le préconise pour le spectre visible, mais au ¾ de l’histogramme environ. Donc n’hésitez pas à vérifier une fois la photo faite, sur l’histogramme RGB pour voir où se situent vos canaux, principalement le rouge.

Voilà nous sommes prêts pour lancer la première séquence.

Le post traitement

Après avoir importé notre séquence dans Lightroom, nos images redeviennent plus rouges que l’on pouvait voir sur l’écran de notre appareil, ne vous inquiètez pas c’est normal. Lightroom est bloqué à 2000K, alors que notre BDB personnalisée descendait plus bas.

Pour y remédier on peut soit exporter une première fois notre séquence en .tiff 16 bits après un passage dans LRTimelapse et réajuster la BDB de nouveau, soit créer un nouveau profil de notre appareil et c’est ce qu’on va voir ici.

Il vous faut d’abord le logiciel DNG Profile Editor, pour Windows ou pour Mac.

Ensuite il faut exporter une image de votre séquence en DNG.

On l’ouvre dans DNG Profile Editor « File => Open DNG Image (Ctrl + O)», on sélectionne l’onglet « Color Matrices » en haut à droite et on descend la température à -100.

C’est tout, maintenant on exporte le nouveau profil «File => Export Canon/Nikon/… profile… (Ctrl + E)» de notre appareil, dans le dossier normalement proposé par défaut. Si ce n’est pas le cas, il vous faut le retrouver en regardant l’arborescence ci-dessous et faîtes apparaître les dossiers cachés au besoin.

Redémarrez Lightroom pour qu’il prenne en compte ce nouveau profil, attention il n’est disponible seulement pour l’appareil avec lequel vous l’avez créé, donc vous devez créer autant de profil que vous avez d’appareil modifié.

A partir de maintenant on peut traiter notre séquence via LRTimelapse, comme vous en avez l’habitude en n’oubliant pas, bien évidemment, de sélectionner ce nouveau profil.

Puis faites la BDB avec la pipette sur des végétaux et quelques retouches selon votre goût, mais ne poussez pas trop les curseurs.

Donc une fois votre développement effectué, vous pouvez exporter vos images en jpeg ou en tiff dans un nouveau dossier.

Nous importons maintenant notre séquence dans After Effects pour réaliser les dernières modifications. Faites comme vous avez l’habitude, stabilisez, enlevez les dernières poussières, puis on va appliquer l’effet « Mélangeur de couches » dans « Effet => Correction colorimétrique => Mélangeur de couches ».

Voici, à gauche, les réglages par défaut et, à droite, les réglages que vous devez modifier. Faites bien attention à recopier correctement les bonnes lignes.

          

C’est une inversion des canaux bleu et rouge pour récupérer un ciel bleuté. Voilà une fois à ce stade votre clip infrarouge est terminé, vous pouvez encore peaufiner votre traitement ici sur AE ou garder un clip relativement flat et vous occupez de la colorimétrie finale sur votre logiciel de montage.

 

Voici le rendu final !

La Recette D’un Timelapse Parfait

Depuis quelques années maintenant, je fais des tutoriels gratuits sur Youtube pour apprendre le timelapse. J’essaye au mieux de transmettre les connaissances que j’ai dans ce domaine, que ce soit pour de simples timelapses de jour ou des plus difficiles du jour à la nuit (Holy Grail), pour que les spectateurs puissent aussi reproduire ce genre de contenu.

Faire un timelapse parfait n’est pas facile du tout. Il ne s’agit pas que de poser la caméra et de tourner. Il y a beaucoup d’autres conditions et techniques à connaitre pour faire un timelapse parfait.

Pour moi le timelapse parfait consiste à suivre une recette spécifique qui réunit plusieurs ingrédients, certains que l’on peut contrôler, et d’autres non.

1. Le temps

Quand je parle du temps, je parle bien sûr de la météo. La météo joue un rôle primordial dans un bon timelapse. Trop de nuages, et ce n’est pas beau, pas assez et le rendu ne sera pas super non plus. Les nuages sont sûrement le sujet parfait pour des timelapses. Ils rendent n’importent quelle scène épique et beaucoup plus jolie. Mélangez ça avec une belle lumière et vous avez un timelapse parfait !

Voici un exemple de timelapses tournés pendant des jour nuageux sur Los Angeles, avec une superbe lumière.

      2. L’intervalle

Deuxième ingrédient de notre recette, l’intervalle est plus qu’important dans la réalisation du timelapse parfait. Si vous avez un mauvais intervalle, votre timelapse sera saccadé et pas très esthétique. Il n’y a rien de pire que de voir un véhicule passer une seule fois dans l’image à cause d’un intervalle trop long. Au contraire, avec un intervalle plus court, le véhicule sera visible plusieurs fois sur le timelapse, ce qui donne un rendu beaucoup plus naturel.

Bien évidemment, vous choisissez l’intervalle suivant vos préférences, mais n’oubliez pas qu’il faut qu’il soit adapté au sujet traité.

Voici quelques exemples d’intervalles que j’utilise lors de mes timelapses.

1. Voitures/Ville : 1 seconde

2. Nuages : 2 ou 3 secondes suivant la rapidité (parfois même 1 seconde)

3. Jour-nuit Holy Grail : 3 secondes

4. Astro-Timelapse: 27-32 secondes

Si vous prenez en compte la vitesse d’obturation, ces intervalles sont bien évidemment plus courts. En fin de jour-nuit, l’intervalle devient 1 voire 0,5 seconde comme je monte à une vitesse de 2 ou 2,5 secondes. En astrophotographie, l’intervalle est de 2 ou 3 secondes comme j’utilise une vitesse de 25 ou 30 secondes. Dans tous les cas, j’utilise l’intervalle le plus rapide possible tout en donnant un peu de temps à mon appareil de traiter et enregistrer l’image, c’est pour ça qu’une carte rapide (comme 95mb/s class 10) est recommandée.

Sur la gauche, un exemple d’un timelapse du jour avec un intervalle d’1 seconde. Sur la droite, un exemple d’un jour-nuit Holy Grail avec le plus court intervalle possible avec mon appareil, 3 secondes.

Pendant les timelapses Holy Grail un intervalle plus court est recommandé car cela signifie plus de photos entre chaque changement. Plus de photos veut dire moins de flickering car LRTimelapse aura plus de photos pour faire les transitions de chaque paramètres changés.

      3. Le cadrage

Cela peut paraitre ridicule, mais le cadrage reste très important dans la réalisation d’un bon timelapse. Et après avoir vu beaucoup de timelapses en ligne, je peux dire qu’un grand nombre de personnes ne comprennent pas très bien cela.

Une belle photo ne veut pas dire un beau timelapse, et un beau timelapse ne fera pas forcément un beau cliché.

Dans un timelapse, on cherche à montrer le temps qui passe. Il faut donc un sujet qui soit en mouvement du début jusqu’à la fin. Une photo au contraire a pour but de capturer un instant donné dans le temps.

Votre cadrage est important pour que votre timelapse soit agréable à regarder. Pensez que des plantes ou de la végétation au premier plan n’est jamais très esthétique.

Vous pouvez utiliser la règle des tiers qui consiste à découper votre image avec 4 lignes, deux horizontales et deux verticales (situées aux tiers de votre image) et de mettre un sujet intéressant là où les lignes se croisent (sur les points de force).

Voici un exemple de la règle des tiers que j’ai appliquée sur mon Los Angeles Sunrise Timelapse

Bien évidemment la règle des tiers est loin d’être la solution miracle pour chaque timelapse. Pensez qu’il n’y a pas de règle absolue pour un bon cadrage, soyez artistique, c’est tout ce qui compte.

      4. Les paramètres

ISO, Vitesse et Diaphragme sont importants dans la réalisation du timelapse parfait. Trop d’ISO et vous aurez trop de grain sur votre image, une vitesse trop lente et vous aurez des trainées de lumières (sauf si c’est un choix) et enfin un f/stop trop bas et votre profondeur de champs sera réduite.

Pour les ISO, cela varie d’une caméra à l’autre. Je sais qu’avec mon Canon 6D je n’irai jamais au-dessus de 500, sauf si nécessaire. Il m’est arrivé à New York de devoir monter jusqu’à ISO 1000 pour avoir une vitesse de 0,5 seconde en pleine nuit. Je devais avoir une vitesse la plus rapide possible car je me trouvais sur le Manhattan Bridge et chaque fois qu’un métro passait, il faisait tout vibrer, ce qui floutait mes photos.

Mais ce genre de cas reste assez rare. Le plus souvent, je monte à 1.5 seconde et intervalle de 2 secondes en pleine nuit.

Je vous conseille de descendre le plus bas possible dans les ISO pour avoir une image plus nette. Utilisez toujours une ouverture comprises entre f7.1 et f13, pas plus, pas moins. Avec cette échelle, toute votre image sera bien nette et laissera entrer assez de luminosité !

Quant à la vitesse, c’est en fonction de vos préférences.

Pour avoir un timelapse parfait, retenez qu’il faut toujours utiliser les ISO le plus bas possible, une ouverture moyenne pour ne pas avoir une profondeur de champs trop petite et enfin la vitesse d’obturation suivant vos goûts et préférences.

      5. La retouche

Haa la retouche, mon étape préférée des timelapses. C’est là qu’on se rend compte à quel point faire des photos en timelapse est juste 10 000 fois mieux que des vidéos.

La retouche est d’après moi l’étape la plus importante (et la plus cool). C’est là que vous donnez vie à votre timelapse.

Vous avez fini votre tournage, il n’y a plus rien que vous puissiez faire à part le rendre plus beau. Vous allez donc jouer avec les couleurs, les contrastes, les effets et la balance des blancs pour la rendre toute jolie-jolie.

C’est bien tout ça, mais attention !

Trop de corrections de couleurs et votre timelapse aura juste l’air faux. J’ai vu beaucoup de timelapse vidéo où les corrections de couleurs étaient justes beaucoup trop forte. Il y avait trop de contraste, trop de vibrance ou de saturation et ça me donnait juste envie de partir en courant.

Il faut savoir bien évidemment embellir votre timelapse sans en faire too much !

      6. Le flickering

Rien de pire que d’avoir un superbe timelapse, un bon cadrage, une belle météo, un intervalle parfait et de belles couleurs puis … du bon gros flickering. Du flickering c’est quoi ? Pour mieux comprendre le flickering, regardez cette vidéo que j’ai tournée il y a quelques mois qui explique ce que c’est :

Prenez le temps qu’il faut pour enlever le flickering, c’est vraiment vraiment vraiment vraiment vraiment très important. Le flickering d’après moi détruit les timelapse, c’est pour ça que je peux passer des heures pour le supprimer d’une manière ou d’une autre.

J’utilise deux outils pour ça :

– Le Deflicker de LRTimelapse marche 99% du temps. J’explique dans le Timelapse Master Class (bientôt disponible en français) comment utiliser la fonction deflicker de LRTimelapse à 100% afin de supprimer le flickering suivant les différentes conditions.

– GBDeflicker sur After Effects marche aussi très bien et fonctionne sur le même principe que celui de LRTimelapse. Il coûte néanmoins dans les $250 si je ne me trompe pas, ce qui fait qu’au final celui de LRTimelapse est moins cher car compris dans le logiciel.

Si vous avez trop de flickering pendant votre timelapse, essayez de réduire certaines retouches comme la clarté ou les contrastes. Parfois ces paramètres peuvent créer du flickering si vous en mettez trop !

      7. Les détails

Last but not least, les détails. Qu’est-ce que j’entends par là ?

Tout.

Chaque détail sur votre timelapse est très important à la réalisation du timelapse parfait. Les plus gros sont la stabilisation et la suppression « d’objets » indésirables.

Il y a plusieurs façons de stabiliser un timelapse. Vous pouvez par exemple utiliser After Effects ou Premiere Pro avec le Warp Stabilizer ou l’outil Tracking. Voici un petit tutoriel de comment l’utiliser.

Parfois, vous pouvez vous retrouver avec des taches sur votre capteur. Voici comment les supprimer si jamais elles sont difficiles à enlever.

Et enfin, supprimez des objets qui passent devant votre timelapse et qui ne sont pas très propres. Parfois, c’est le cas de touristes, d’hélicoptères ou d’oiseaux qui passent très rapidement et donc sont visibles que sur une seule image, ce qui n’est pas très esthétique. Voici comment supprimer un de ces « objets » pour rendre votre timelapse plus juste et plus attractif visuellement parlant !

      Conclusion

Si vous réunissez tous ces ingrédients, il n’y a aucune raison que votre timelapse soit un échec. Il sera agréable à regarder, original et bien travaillé et c’est comme cela que vous allez vous faire remarquer (et vendre plus si vous souhaitez vous faire un peu d’argent avec).

Il n’y a néanmoins aucune règle officielle et le seul gros conseil que je peux vous donner est vraiment de vous concentrer sur les détails et de faire ce qui vous plait ! Il n’y a aucune limite à être créatif !

Auteur : Emeric